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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 22:04

 

Depuis la rentrée, des nouvelles alarmantes quant au tissu économique du Département ne cessent d’affluer. On se souvient des vagues de licenciements chez nombre de sous traitants automobiles yvelinois l’année dernière ; 600 personnes s’étaient ainsi retrouvées licenciées en raison de la mauvaise santé des ventes d’automobiles.

Aujourd’hui, la situation apparaît bien plus grave ; les deux principaux constructeurs français ont annoncé une vague de licenciements et de départs volontaires dans les Yvelines. Et le ralentissement ou le déplacement de leurs activités ne devrait pas être sans répercussions sur l’emploi au sein de leur réseau de sous traitants locaux.

Outre la détresse générée dans nombre de foyers yvelinois, les ressources des collectivités locales vont désormais être mises à mal. Renault et Peugeot permettent de dégager près de 150 millions d’euros de taxe professionnelle. Cette ressource abonde le Conseil général à hauteur de 50 millions d’euros, 10 % va à la Région, le reste étant réparti entre les communes et les intercommunalités.

Une urgence s’impose en priorité aux acteurs publics : agir immédiatement pour la revitalisation industrielle du Département.

 

Renault

En effet, le 9 septembre, la direction de Renault a annoncé un plan de 3000 départs volontaires en France, touchant particulièrement sur notre département, les sites de Flins et de Guyancourt. En dépit d’une rentabilité supplémentaire en progression, Carlos Ghosn souhaite garder une marge opérationnelle de 6% en 2009 « quoi qu’il arrive ». Les objectifs commerciaux de Renault pour 2009 ont en effet été ramenés de 3,3 à 3 millions de véhicules, donc réduction des frais de structure d’environ 10%. Les salariés, encore et toujours, demeurent la variable d’ajustement des performances actionnariales.

 

 

Peugeot

Du côté de PSA Peugeot, la situation des salariés n’est guère meilleure. A partir de mi-octobre, le constructeur va réduire de moitié sa production de la 207 et de la 1007 à Poissy. Le site ne sortira plus que 550 véhicules contre 1100 actuellement, ce qui affecte considérablement le maintien des effectifs salariés. 700 postes d’intérimaires sont supprimés dans une usine qui compte encore 6200 salariés.

Peugeot pointe l’origine du ralentissement de son activité par la « dégradation des marchés européens » dont l’Espagne et l’Italie, respectivement en chute de 17,6 et 11,5 % depuis le début de l’année ; deux marchés où la part des petites citadines comme la 207 est particulièrement élevée.

Ainsi le constructeur a accumulé des stocks importants qu’il doit écouler et prévoit, en sus, une fin d’année difficile en raison d’une chute de 4% de ses ventes sur les marchés d’Europe de l’Est.

 

Une réorientation des logiques industrielles des constructeurs

Si le marché français, dont dépendent fortement les marchés tricolores, et qui résistait jusqu’à présent, s’effondrait à son tour, PSA et Renault pourraient avoir du mal à réaliser leurs objectifs financiers.

Etant donné le poids du secteur dans l'économie française - emplois directs et indirects confondus, l'automobile représente 10 % de la population active, et le secteur représentait en 2007 12,9 % des exportations françaises -, l'impact de la conjoncture macro-économique,  dominée par la crise financière américaine, sur la filière n’incite guère à l’optimisme en la matière.

 

 

Vers la recherche de nouveaux débouchés pour l’automobile

Avec la crise, la compétition s'accentue et le rôle fondamental de la R&D s'en trouve encore accru. L'automobile hexagonale, qui représente la première dépense de R&D dans l'industrie, mise sur l'innovation. Renault et PSA occupent ainsi les deux premières places en termes de dépôts de brevets à l'INPI. Cet accent porté sur la créativité et l'innovation, entraîne une hausse de la part non ouvrière des coûts pour les industriels.


Les capacités d'innovation de l'industrie automobile française sont notamment déterminantes pour adapter l'offre aux nouvelles contraintes environnementales : véhicules à faible consommation d'énergie, hybrides, tout-électriques ... La France est le deuxième pays européen en termes de consommation moyenne, derrière le Portugal, et les marques françaises sont celles qui émettent le moins de CO2 parmi les voitures vendues en France. Mais la R&D pèse sur les marges, qui baissent aussi à cause de la chute des volumes.


Quant aux délocalisations, elles sont logiquement amenées à se poursuivre, mais pas forcément à cause de la crise. Les usines de production automobile se rapprochent de leurs marchés pour limiter les coûts de transport, donc des pays émergents, qui même avant la crise de la demande en Europe et aux Etats-Unis affichaient déjà une plus forte croissance. Cela entraîne une hausse des importations car il est difficile de fabriquer certains modèles dans plusieurs usines différentes pour des raisons de volumes. Avec des conséquences négatives pour la balance commerciale nationale.


L'effet énergies alternatives n'est pas à négliger. Avec des premiers modèles qui devraient arriver sur le marché en 2010 et des constructeurs français ambitieux en la matière, l'hybride et l'électrique pourraient être les moteurs qui feront redémarrer le secteur.

C’est d’ailleurs le pari fait par les Conseillers généraux des Yvelines qui ont voté à l’unanimité la candidature des communes de Flins et des Mureaux pour l’implantation du Grand Prix Automobile de France le long des berges de Seine. Un pôle combinant l’activité sportive et touristique d’un circuit respectant les dernières normes environnementales, de la Recherche Développement via des pépinières d’entreprises, sur le modèle de Silverstone en Grande-Bretagne pourrait ainsi voir le jour. Et permettre de perpétuer la filière automobile, ancrée en Vallée de Seine depuis plus d’un siècle.

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